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Le nom de Glandeves ® a failli disparaître avec la Révolution.
Faire revivre ce nom, l'associer à des produits naturels et sophistiqués à la fois, demandant tant d'amour et de soins pour arriver jusqu'à vous.
Voici son histoire, et celle du Pays de mon mari.
Le Pays de Glandeves ®
La famille Dozol connait le safran depuis des siècles, culture familiale depuis 1099, secret de femmes, transmis de génération en génération, par ma belle-famille de cultivateurs d'Entrevaux. Voici l'Histoire de ce bourg aux confins du Royaume de France, ville frontière, objet de toutes les convoitises, ville fortifiée demeurée intacte.
Glandeves Glanate
Glandeves ® a existé il y a des centaines d'années sous le nom de : GLANATE
La civitas de Glanate ( Glandèves ou Glandesves) constitue l'une des énigmes majeures de l'histoire des Alpes du Sud. Elle est à peine mentionnée dans la Notitia Galliarum.
Au IV° siècle Saint Marcelin et deux compagnons, Domnin et Vincent poursuivent l'évangélisation.
Glanate cité Romaine située sur cette importante voie romaine dite Prétorienne qui de Cimiez passait par Glandèves, Annot, Vergons, Castellane, Moustiers, Riez, Valensole, pour rejoindre Apt.
Bordée par le Var, défendue jusqu'alors par les Légions Romaines, Glandèves vit paisiblement.
Enfin Évêché, Glandèves rayonne largement, dans ce pays à faible population.
Une cathédrale est construite.
Jusqu'à l'arrivée de Djabal al-Kilal (en 880).
Un esquif désemparé se drosse à la terre.
Vingt rescapés se terrent à Fraxinet (La Garde Freinet).
Quelques années plus tard, jusque vers l'an 973, cette importante colonie Maure, lance des razzias jusqu'à Toulouse. Puis s'enhardit dans les Alpes détruisant églises et villages, pillant les commerçants qui s'aventurent sur les routes.
Voilà pourquoi tous ces villages sont haut perchés...
Les rescapés de la destruction de Glandèves passent le Var pour construire Entrevaux.
Dieu le veut :
En l'an de grâce 1095, le 27 novembre, lors du Concile de Clermont, le Pape Urbain II,
appelé à l'aide par les chrétiens d'Orient, qui subissent des exactions terribles et cruelles,
appelle tous les chrétiens aux armes pour défendre la Foi, au cri de « Dieu le veut ! ».
Pour diriger cette croisade, le pape fait appel, d'un côté à l'Évêque du Puy,
Adhémar de Monteil et de l'autre côté, aux Barons français du Midi.
A la première croisade de Godefroy de Bouillon, est formée une compagnie de cent croisés
qui représentaient les communautés :
d'Anoth, du Fugeret, de Méailles, d'Allons et de Thorame.
Un manant qui partait guerroyer avec son maître en reviendrait, s'il survivait, libéré du servage, lui et toute sa descendance, sinon parfois enrichi, du moins recevant le droit de porter les armes, droit réservé aux hommes libres.
Sur les terres de Glandèves, le Baron de Gueydan recrute un Page, futur Ecuyer, afin de l'accompagner et porter ses armes.
En avril 1097, Raymond de Toulouse arrive en Terre Sainte avec son armée du Midi.
De retour de Jérusalem, notre écuyer dissimule des bulbes de crocus-sativus dans ses bagages.
C'est ainsi que le Safran est introduit dans notre montagne
1525 Le Baron Gaspard de Gueydan fut tué à Pavie.
Au début de 1536 40 000 soldats français envahissent le duché de Savoie, allié de Charles Quint, et s'arrêtent à la frontière Lombarde, dans l'attente d'une éventuelle solution négociée.
En juin, pour secourir son allié le Duc de Savoie et Prince de Piémont, Charles III de Savoie, Charles Quint riposte et envahit la Provence.
La politique de la terre brûlée : François Ier ayant comme Chef de Guerre Anne de Montmorency :
"Les habitants de la Provence eurent ordre de quitter leurs maisons dans l'espace de six jours ; d'emporter avec eux leurs effets les plus précieux et leurs provisions, et de gâter, dévaster ou brûler tout ce qu'ils ne pourraient emporter, principalement les moulins, les moissons et les jardins. Ce qu'on ne brûlait point, on le cachait dans la terre ou dans les cavernes."
L'été le Safran est invisible sous la terre. C'est ce qui l'a sauvé....
Les troupes françaises, qui formaient un cordon sur les confins de la Provence, se repliant vers l'intérieur à mesure que l'ennemi approchait, dévastaient tout ce que les possesseurs n'avaient pu se résoudre à détruire et poussaient devant elles, vers la Durance, ceux d'entre les habitants qui ne s'étaient point réfugiés dans les bois ou sur les montagnes.
" Ces malheureux traînaient tout le long des chemins les tristes dépouilles de leur fortune.
Les plus riches étaient sur des charrettes, au milieu de leurs effets ; d'autres, à cheval ; mais le plus grand nombre était à pied.
On voyait des hommes faits qui, ayant plus consulté leurs besoins que leurs forces, s'étaient chargés d'un fardeau sous lequel ils succombaient ; des vieillards, courbés sous le poids des années, traînant avec effort un reste de provisions ; des femmes et des enfants les suivaient on versant des larmes.
Ainsi cette guerre fut une des plus funestes qu'on ait essuyée, sans qu'il y eût de sang répandu".
Entrevaux : Quatre pillages : trois des Armées de François Ier et un espagnol !
le Capitaine de Bonneval, le Comte de Fustemberg et le Lieutenant-Général d'Humières.
"De Bonneval dépêcha ses gens d'armes en divers endroits des villes et des villages, du côté de la montagne, vers Entrevaux, Castellane, Colmars, Digne, Seyne, Riez, ..
pour faire le dégât de tous les fruits (récoltes) qui se trouvaient encore pendants sur terre et pour faire retirer et cacher aux habitants de ces contrées leurs autres fruits (restes des récoltes précédentes) et bestiaux, afin que l'ennemi ne pût s'en servir ."
Brûler tous les fourrages, verser tous les vins et les huiles, abattre tous les fours et les moulins, rompre les meules, ...
de toutes les villes et de tous les villages même ceux de la plus minime importance laissant les populations dans la plus extrême indigence.
Massacre à Entrevaux
Le Capitaine De Bonneval s'en revenant vers Marseille, par le chemin Aurélien (la voie Aurélienne), ancienne voie prétorienne qui, partant de Cimiez, passait à Glandèves, à Vergons, à Castellane, à Riez, et qui devait être la voie de l'armée ennemie.
Puis, le Comte de Fustemberg arriva jusqu'à Saint-Dalmas, saccagea Saint-Etienne, la vallée de la Tinée, ainsi que celle d'Entraunes et de Guillaume, jusqu'à Entrevaux.
Enfin l'expédition du Lieutenant-Général d'Humières, du côté d'Embrun, eut lien vers la fin du mois d'août ou dans les premiers jours du mois de septembre.
Par conséquent un ou deux mois après celles du Comte de Fustemberg et du Capitaine de Bonneval.
Enfin pendant le mois d'août 1536, les soldats du Duc de Savoie, et de de Charles Quint, arrivent à Entrevaux.
Cette ville considérée, à cette époque, comme une des clefs de la Haute-Provence, à cause de sa position dans la vallée du Var et de sa proximité des Etats de Savoie est fortifiée.
Cette troupe composée principalement d'espagnols s' emparent d'Entrevaux par surprise ou par trahison et passent la plupart des habitants au fil de l'épée.
Les soldats de François Ier achevaient de ruiner la Provence, pour la sauver, lorsque ceux de Charles-Quint commencèrent leurs dévastations, pour s'en emparer.
François Ier était donc victorieux sans avoir livré bataille.
L'armée française ne se montrait pas, et elle était partout, harcelant l'armée impériale et enlevant avant son arrivée les derniers restes de provisions de bouche que possédaient encore les habitants des villes et des campagnes.
Son système de défense avait pleinement réussi : l'armée ennemie était désorganisée et en déroute ; elle avait perdu vingt mille hommes, et elle repassa le Var le 25 du mois de septembre 1536. 
A Entrevaux, les rescapés, voient les troupes espagnoles refluer.
Au signal du barbier, qui tranche la gorge du Gouverneur espagnol, les ponts-levis sont levés et l'occupant massacré.
En remerciement, par la Charte d'Avignon (1542)
Entrevaux est déclarée :

Ville Royale du Royaume de France, dépendant directement du Roi et exemptée de toutes tailles, emprunts, services et devoirs.
Le Safran de Glandeves ® n'a jamais été commercialisé.
Il est toujours resté une culture familiale, en raison des difficultés de communication de cette ville frontalière, et de faibles débouchés locaux.
Culture presque abandonnée lors des hivers de 1769 et 1770, deux hivers très rigoureux, avec un dégel imparfait, suivis d'une gelée intense, qui détruit plus des trois-quarts des bulbes.
A l'instant ou la safranière reprenait de l'essort, survient la Révolution.
1789 et 1790, la Patrie est en danger.
Les armées révolutionnaires prennent position à Entrevaux, la frontière.
Les habitants sont très vite impliqués, dans la chasse au clergé.
Le dernier Évêque de Glandèves à Entrevaux, Monseigneur Hachette des Portes
est chassé de son diocèse pour avoir refusé de prêter serment à la Constitution.
Notre Safran, qu'il aimait tant, est alors qualifié de nourriture bourgeoise.
Les hommes sont partis sous l'uniforme et tout manque, la famine rode.
Les troupes révolutionnaires cantonnées à Entrevaux ont faim. Pour eux il n'est plus temps de cultiver des épices, mais bien des pommes de terre.
Et pourtant...
Le calendrier révolutionnaire, imposé dès le 22 septembre 1792, par la Convention nationale décréta
« Tous les actes publics sont désormais datés à partir de l’an I de la République ».
Ce point de départ, le 1er jour de l’an I, est donc fixé au 22 septembre 1792.
Ce jour : 1 Vendémiaire est Raisin.
Le suivant : 2 Vendémiaire est Safran.
Ce calendrier est un exemple tout à fait significatif des idéaux, des débuts de la Révolution Française.
Les excès révolutionnaires, à Entrevaux, Ville de garnison, Ville Frontière, font de cette épice une culture encore plus confidentielle.
Quelques bulbes de crocus-sativus, destinés à la cuisine familiale sont encore cultivés avec prudence et dissimulation dans des zones peu fréquentées.
La population d'Entrevaux à cette époque était d'environ 1700 personnes.
S'ensuit les guerres :
Napoléoniennes, 1870, les deux guerres mondiales, qui déciment les campagnes.
Entrevaux se meurt, à peine plus de 700 personnes dans les années soixante.
Liens à cliquer :
M. Jean-Louis Damon Historien d'Annot et son site ci-dessous
Deux Brumaire an II
Joseph Dozol agé de 84 ans..

An XII
Thérèse Dozol.. née à Castellet les Sausses ...
demeurant à Entrevaux dans la demeure de son mari.. Jean-Baptiste Dozol...
Témoins .. Vitat Lambert sonneur de cloches - Pierre Mirol Sergent de Ville...

Le Pont-Levis qui raconte tant d'histoires.

L'histoire de Glandeves ® plus de photos ici